La fidélité est un vaste débat, en tous cas à mon sens. Je connais un couple qui a refusé de se jurer fidélité devant Monsieur le Curé et j’ai toujours été assez impressionnée par cette marque de courage et de volonté de se poser des questions de donc de se démarquer.
Parce que à mon sens, la fidélité est un sujet que tous les couples devraient aborder. Un sujet douloureux mais à creuser. En profondeur. Assez profond pour pouvoir y encrer ses pieds et donc son couple. Les pieds bien encrés dans le sol pour pouvoir affronter le pire (si c’est ce qu’on redoute).
Mais dans la réalité, c’est un sujet que les amoureux préfèrent éviter. « Non bien sûr je ne te tromperai pas mon amour ». « C’est terrible de faire ça à la personne qu’on aime ». « D’ailleurs, moi je n’ai jamais trompé personne »…
Si on peut fortement douter que cette affirmation s’applique vraiment à toutes les personnes qui la prononcent, on peut aussi choisir de ne pas oublier que dans l’infidelité, il y a toujours trois personnes : l’amoureux numéro 1, l’amoureux numéro 2 … et la troisième personne.
Celle par qui le malheur arrive.
Je n’ai pas honte de dire que je n’ai jamais trompé (si, si je vous jure !). Je n’irai pas à dire que ça ne m’a jamais traversé l’esprit, mais presque.
Et je n’ai pas non plus vraiment honte de dire que j’ai par contre plusieurs fois été celle avec qui on trompe. Vous savez, celle qu’on déteste, qu’on traite de tous les noms, celle qui n’a pas de morale, celle qui n’a pas vraisemblablement pas réfléchi aux conséquences.
Mais figurez-vous que les conséquences j’en avais bien conscience. Car si j’ai choisi de passer outre, ce n’est pas parce que je n’ai ni cœur, ni cerveau, bien au contraire.
J’ai toujours eu une approche très pragramatique et réfléchie de la fidélité dans le couple : si on est bien en couple et que l’équiblibre émotionnel et physique (comprendre sexuel) est respecté, on a pas besoin d’aller voir ailleurs.
Et donc, si vous suivez bien le raissonnement : si on trompe, c’est que quelquechose cloche ou manque dans son couple, sinon pourquoi irait-on le chercher ailleurs ?
C’est froid et implacable comme raisonnement.
Je sais.
Mais c’est normal venant d’une fille qui n’a pas de cœur non ?
Je trouve en fait trop facile de blamer « l’autre » et donc de refuser de se poser les bonnes questions (et ces questions devraient hanter aussi bien l’esprit de celui qui trompe que de celui qui est trompé).
Des mecs beaux comme des Dieux et des filles belles comme des cœurs, il y en a plein la rue. Dire que c’est à cause d’eux que votre mec ou votre nenette vous trompe c’est un peu comme entendre les violeurs ou les harcelleurs dire qu’il avait compris que la fille les disérait juste parcequ’elle était jolie ou qu’elle avait une jupe. Au niveau argumentation, on fait mieux.
Alors oui, on pourra dire que j’y vais un peu fort, que c’est facile pour moi puisque je suis « l’autre », celle qui a le beau rôle. Mais c’est une autre illusion. Car « l’autre » a, en réalité, rarement le beau rôle. Sa vie est faite de textos cachés, d’entrevues volées et d’espoirs perdus. Les rêves d’être un jour la « légitime », c’est utile pour s’endormir le soir et rejoindre le pays des bisounours mais c’est comme de gagner au Loto : 100% des gagnants ont tenté leur chance mais le pourcentage de gagnantes est en réalité infîme.
Alors aux « autres », il faut leur lacher un peu la grappe. Parce que leur mettre toute la misère du monde sur les épaules ne semble pas juste ni justifié. Si chacun s’occupait déjà de répondre à ces (bonnes) questions, ça serait déjà bien :
Le trompeur : pourquoi fais-je ça ?
Le trompé : pourquoi est ce qu’on me fait ça ?
Celle avec qui on trompe : pourquoi fais-je le choix de m’imposer ça ?
Et ça, ça fait déjà pas mal de questions.
Et de réponses à trouver.
Ceci n'est pas un blog de recettes de cuisine.
Ceci est un blog parlant de (nombreuses) rencontres amoureuses et des divers (et nombreux eux-aussi) états d'âmes qui y sont liés.
Comment un plat de pâtes et une recette traditionnelle italienne peuvent avoir un rapport avec ma vie amoureuse (et sexuelle) ? Et pourtant, non seulement cela a un rapport mais en plus c’est représentatif, vous allez comprendre… au fur et à mesure des récits et des états d'âmes.
jeudi 19 février 2015
vendredi 19 juillet 2013
Mon péché mignon
« De toutes façons les
hommes ça ne sert à rien ! » Cette phrase, on la voit, on l’entend on
la vit régulièrement dans la littérature, les films, les séries ou la vie de tous
les jours. Elle suit en général un cœur brisé et est un justement cri du cœur.
Un cri pour se rassurer qu’un
échec de plus ne ménera pas à une vie de désespoir et de tristesse. Si les
hommes ne servent à rien, cela n’a alors pas d’importance qu’on en ait pas.
Bizarrement, malgré toutes mes déconvenues
amoureuses, je n’ai jamais clamé cela. Il y a quelques années, j’avais osé édicté
que je me ferrais none si une certaine histoire ne fonctionnait pas, mais cela
aurait été la mort dans l’âme (et force est de constater que je n’ai pas tenu
ma promesse…). Parce qu’en fait, moi,
je trouve ça beau un homme.
La lueur qui brille dans leurs
yeux quand ils viennent de faire une blague un peu cochonne ou une remarque choquante ;
ils attendent avec impatience la réaction qui ne va pas tarder et redeviennent
un petit garçon de 5 ans. On
entrevoie toute leur joie et c’est beau.
Un torse d’homme, c’est beau. On
le regarde et on a envie de lui enlever sa chemise pour se blottir dans ses
bras et sentir sa peau (et il n’y a même pas besoin que ce soit Hugh Jackman
pour que ça fonctionne).
C’est beau quand ils admettent
ouvertement ne pas savoir faire plusieurs choses en même temps ou que de toutes
façons en mode ils n’y connaissent vraiment rien.
Ce regard si particulier qu’ils
jettent sur leur chérie quand ils la trouvent belle. C’est beau de regarder la
personne qu’on aime avec ce mélange d’amour et de fierté souspoudré d’une
pointe de sentiment de propriété.
C’est beau cette façon candide de
faire ou de recevoir un compliment, comme s’ils n’avaient rien dit ou rien
entendu parce ce n’est pas forcément le domaine dans lequel ils sont le plus à
l’aise.
Ce besoin de savoir qu’ils
servent à quelquechose (fixer une étagère, ouvrir un pot de confiture, tenir
une porte) et que les femmes ne devraient pas savoir comment vivre seules car ils
ont le sentiment d’être inutiles, je trouve ça beau.
C’est beau comme les hommes ont
besoin de sentir qu’ils donnent du plaisir à leur compagne au lit. Ils marquent
des points dans leur propre estime quand ils nous font grimper au plafond et on
ne peut qu’être reconnaissantes de ça !
Et ces rares occasions pendant
lesquelles ils se laissent approcher et réconforter, que se soit par des mots
ou en se laissant aller dans nos bras, c’est particulièrement beau.
Dans leurs défauts et par leurs
qualités, les hommes je les trouvent beau. Parce que leur amour ou leur amitié
m’apporte joie, rire, jouissance, bien-être, confiance, je ne pourrais jamais
penser qu’ils ne servent à rien.
mercredi 19 juin 2013
Des légumes et des hommes
« J’aime pas les
champignons ! ».
Que cette phrase soit prononcée sur
un ton de victoire et de fierté (genre « Tu ne le sais pas encore mais
écoute bien ça, ça va révolutionner ta vie ») ou hurlée dans un élan de
contestation devant une assieste pleine (comme pour dire « Il n’y a pas
moyen que ces trucs franchissent le pas de ma bouche »), mes parents ont
du l’entendre fréquemment quand j’étais petite fille. Elle allait de pair avec celles
clamant la même règle pour les carottes cuites, le choux et les petits pois.
La différence avec les
champignons est que maintenant j’adore ça ! J’en ferai des folies, ne peux
pas imaginer ma vie sans, ne peux pas concevoir comment d’autres n’aiment pas
ça et encore moins comment j’ai pu faire partie de cette catégorie-là un jour.
C’est bizarre comme nos goûts
changent… Et c’est étrange comme cette
règle ne s’applique bien sûr pas qu’aux légumes.
Car on a bien sûr tous
expérimenté ça en amour aussi.
Telle personne qui nous semblait
trop belle pour être vraie un jour, n’accroche même plus notre regard quelques
mois après.
Et qui n’a jamais entendu
d’histoire de rencontre dans laquelle au moins un des deux protagoniste clame
fièrement « Je l’ai detesté longtemps avant de l’aimer ! ».
Et qu’on ne me sorte pas un beau
laïus sur la fine frontière qui existe entre haine et amour. A mon avis, dans
la vie, on récolte ce que l’on sème, tout simplement. Et si cela vaut pour le
basilic qui pousse sur le bord de nos fenêtres d’appartements en ville (et qui
grandit donc avec tous les bienfaits des pots d’échappements), il en va de même
pour les rencontres.
En fonction de notre état, on « voit » et on
rencontre certaines personnes et pas d’autres. On passe clairement à côté
d’hommes ou de femmes (dans la rue, en soirée, …) qui seraient pourtant bien
meilleures pour notre santé que celles qu’on décide d’aborder. On fait
l’impasse sur la viande alors qu’on a besoin de fer. On se gave de hamburger
alors que notre corps a besoin de fibres.
Quand on est mal dans notre peau, un peu perdu et pas sûr
de ce qu’on souhaite pour nous et pour notre vie (autrement dit en carence), on
rencontre souvent des personnes qui renvoient ce même mal-être.
Le problème est que, sur le coup, on ne s’en rend en
général pas compte mais qu’on est par contre expert pour partir dans la
mauvaise direction.
Les êtres en question ont beau être gentilles,
intelligentes, mignonnes, sensibles, ouvertes et intéressantes, il n’en reste
pas moins qu’elles sont souvent le pire choix qu’on puisse faire pour soi-même.
Un peu comme trop de sucre pour un diabétique.
Et ça c’est quand elles sont gentilles, intelligentes,
mignones, etc… parce que certaines fois elles sont juste bêtes, méchantes,
vulgaires et aussi laides de l’intérieur que de l’extérieur. Mais la brillance
de l’emballage nous fait passer à côté du fait que le produit est bouré
d’additifs et qu’il n’a rien de naturel.
A d’autres occasions, on a beau rencontrer des personnes
gentilles, intelligentes, mignonnes, etc… on est incapable d’y voir d’1) une
opportunité et et de 2) tout le bien que cela pourrait nous faire (les légumes
c’est pas bon, hein ?) et on passe donc allégrement à côté d’un bonheur
simple pour se compliquer la vie avec des histoires alambiquées et sans avenir.
A certains moments, on passe même proche de l’overdose. On
sait que notre foie ne supporte pas les excès d’alcool, de chocolat et de mecs
en bois, mais on continue quand même, poussé par une force irrépressible venant
de nul part et complétement incapable de se retenir.
En fait, c’est comme si on naviguait dans un petit marché
de producteurs tout mignon (le marché, pas le producteur) et que d’un jour à l’autre,
on ne voyait pas les mêmes produits. Un jour c’est saucisson, fromage et miel,
et l’autre courgettes, citrouille et fraises. On a en fait jamais, ou très
rarement, accès à l’ensemble de la gamme et bien souvent, on a même pas envie
d’acheter car on arrive à se persuader qu’on a pas faim (petit clin d’œil aux
célibataires éternelles qui se font croire à elles-mêmes qu’elles sont mieux
toutes seules).
Au fil des années, des rencontres et des essais de
nouvelles variétés, nos goûts changent. On
laisse de côté les bad boys, les salsifis et la crème épaisse pour tout
capitaliser sur les aubergines, l’huile d’olive et les hommes à l’écoute
attentive. On change et ce changement en appelle d’autres autour de nous…
Cela dit, personnellement je n’aime
toujours pas ni les petits pois ni les mecs en bois.
mercredi 5 juin 2013
Les mots
Il y a des mots qui sortent
facilement de notre bouche. Souvent même trop facilement.
« Tu me fais ch… »,
« Vas te faire f… », « Je te
déteste… » et j’en passe.
Ils sont rarement une expression
honnête, réaliste et durable de notre pensée. Ces mots-là sont souvent plutôt
un cri qu’on ne peut pas garder en nous et sont tellement impulsifs qu’ils
ont besoin de sortir là, maintenant, sans réfléchir une seconde plus. Et
pourtant cette seconde serait souvent plus que nécessaire.
Et puis il y a des mots qui
préfèrent bizarrement se terrer en nous, rester dans leur cocoon bien chaud,
bien douillet alors qu’eux seraient plus confortables et plus utiles à
l’extérieur.
« Tu es tellement beau dans
ce costume… », « J’apprécie vraiment ta compagnie… », « Je
suis contente que tu sois là avec moi… ».
Ils feraient beaucoup plus de
bien autour d’eux et de nous-même. Pourtant il est tellement plus difficile de
faire un compliment qu’un reproche.
On pourrait disserter sur le
besoin de l’être humain de faire du mal à autrui et son apparente incapacité
naturelle à faire le bien autour de lui. Ou parler de cette incapacité à
verbaliser ce que l’on ressent et qui rend l’ensemble de nos relations
tellement plus difficile à vivre au jour le jour. Mais ce n’est pas le sujet du
jour.
Car c’est une autre catégorie de
mots qui m’intéresse. Une que personnellement j’ai encore plus de mal à sortir car,
si je gère tant bien que
mal les deux premières catégories, j’avoue mon inéxpertise pour la dernière.
Ces mots-là sont encrés en moi
encore plus profondément, au centre de moi-même. Non seulement ils se sont créés
un nid douillet mais en plus ils se sont assurés qu’ils soient difficilement expulsables.
Leur habitat naturel est superglué à mes entrailles comme pour s’assurer qu’ils
n'en sortent pas trop souvent. Ni trop facilement d’ailleurs.
Et ça fonctionne. Avant de les
prononcer, je me pose beaucoup de questions. Même quand ils font une apparition
surprise et se pointent au bord de mes lèvres, un soir, au détour d’une rue ou lors
d’un rayon de soleil pendant une promenade, un énorme élastique géant les
ramène là d’où ils viennent.
Ils sont tellement bien installés
et font tellement corps avec qui je suis que j’ai de toutes façons des scrupules
à les prononcer à la va-vite.
Je cherche et attend le bon moment pour les
laisser prendre toute leur ampleur.
Ce moment qui fera qu’ils
raisonneront avec la bonne intensité, qu’ils ne seront pas prononcés en vain et
qu’ils prendront toute leur valeur pour moi et pour la personne qui
les entendra.
Ils sont pourtant l’expression
même d’une émotion positive. Ils ne sont pourtant pas nombreux, ce qui pourrait
me porter à penser que la tâche soit plus facile à accomplir.
3 mots ce n’est rien. 3 petits
mots. 3 tout petits mots, mais qui contiennent toutes mes tripes puisque c’est
là qu’ils habitent :
Je t’aime.
mardi 28 mai 2013
Mission impossible
J’ai été célibtaire longtemps.
Très longtemps.
Trop longtemps.
Quand on est seul(e) pendant
aussi longtemps que ça (je tairais le nombre d’année pour éviter les regards
d’étonnement, de dégout et/ou de pitié), ça affecte forcément. Et sur de
nombreux plans.
Par exemple, au bout d’un moment,
on oublie comment les corps fonctionnent. On a plus aucune idée de ce qu’on
ressent quand on en touche un qui n’est pas le notre. On ne se souvient plus
non plus de ce qu’on éprouve quand on nous touche.
Heureusement, notre libido
s’envole au bout d’un moment et nous laisse tranquille. Mais quand on reprend
finalement une activité « physique », on est littéralement à fleur de
peau et il faut parfois refaire toute une éducation (on pourrait avoir
l’impression que c’est comme le vélo et que ça ne s’oublie pas, mais certaines
choses qui sont plus sensibles qu’un guidon, même si la forme pourrait nous
pousser à nous méprendre).
Quand la libido nous rattrape (il
ne faut pas rêver, elle était partie en vacances, pas à la retraite), ça
devient plus compliqué à gérer. Il arrive un moment où on a tellement besoin de
douceur, de sensualité, de se sentir aimé, de sentir une peau contre la sienne (ou
tout simplement de prendre son pied), qu’on remet les choses en perspective.
On a beau être à la base une
romantique pure et dure, les années de célibat nous amènent parfois à revoir
notre copie et à envisager (ou à mettre directement en pratique) un petit PC.
Et si on ne le crie pas toujours
sur tous les toits, quand on a le malheur d’en parler, cette
« experience » est souvent reçue avec incompréhension (au mieux) ou avec
jugement (au pire). Quelle célibataire n’a pas entendu un petit « Oh, je
ne sais pas comment tu fais, moi sans sentiment, je ne peux pas ! » de la
part d’une amie (heureuse) en couple ?
Alors même si on ne regrette pas, on a clairement du mal à se faire
comprendre.
Et puis si le ciel vous blesse un
jour d’une relation qui fonctionne plus de 3 jours d’affilée, on réalise tous
les jours qu’on a perdu le mode d’emploi. Si, si, vous savez, celui sur lequel
il y avait noté « Comment bien se conduire pour être amoureux, être aimé
et faire en sorte que les choses fonctionnent au lieu de faire n’importe quoi ».
Il était pourtant bien noté au dos : « Ne pas perdre, un seul
exemplaire par personne sera distribué. Passé un certain temps, ce message
s’auto-détruira ».
Et alors là, sans le mode
d’emploi, on est perdu.
Ca vous viendrait à l’idée à vous
de confier une mission impossible à Tom cruise sans la petite cassette du début
avec les explications des tenants et aboutissants de la mission et sans son
équipe de choc ? Ben non ! Déjà que dans ce cas on est tout seul,
mais en plus, sans la cassette, et bien ça porte bien son nom : c’est
MISSION IMPOSSIBLE !
On essaye de se raccrocher aux
branches. La première c’est souvent les souvenirs de nos relations passées.
Mais :
1)
Si elles sont passées, c’est qu’elles n’ont pas
si bien fonctionné que ça ;
2) A l’époque, on avait pas vraiment le même âge
que maintenant. On était belle, sans ride, sans envie évidente de construire
quelquechose sur la durée, on était pauvre, heureuse avec pas grand chose et on
croyait encore à l’amour ;
3)
Depuis, soit on est passé par le pays des
bisounours et on est emplis d’attentes que jamais personne ne pourra combler (à
part Hugh Jackman mais il paraît que ce n’est pas une option ). Soit on
est passé par tellement de mecs en bois, qu’on y croit simplement plus et que
la simple perspective de se battre encore pour y arriver nous épuise et nous
cloue au lit (ou pire, on oscille entre les deux en fonction de la couleur du
ciel ou du nombre d’heures qu’on a dormi).
La seconde branche c’est souvent
les exemples de couple autour de soit, mais encore une fois :
1)
Soit depuis votre dernier mec, eux ont eu le
temps de s’aimer, de se marier, de se faire 3 beaux enfants, de s’engueler, de
se déchirer, de se séparer avec perte et fracas…
2)
Soit ils sont si parfaits que vous êtes incapables
de comprendre comment ils fonctionnent. Vous pouvez juste les admirer en
silence, la bouche ouverte, un filet de bave coulant de votre sourire béat.
Donc on se dépatouille toute
seule. Et il faut bien admettre qu’on fait n’importe quoi.
On s’énerve pour un rien. On se
prend la tête pour une broutille. On fait tout l’inverse de ce qu’on
prêche pourtant au quotidien. On met les pieds dans le plat et on pose les
mauvaises questions. On garde toute notre rancœur en nous au lieu de parler
simplement des choses. On se fait par contre un point d’honneur à se plaindre
en long, en large et en travers à ses copines. On oublie de se mettre à sa
place à lui. On insiste ou on laisse pisser mais toujours au mauvais moment…
Et puis, quand on a beaucoup,
beaucoup, beaucoup de chance, on tombe sur un homme qui comprend tout ça, qui
s’en amuse et qui arrive à désarmorcer la bombe humaine à retardement qu’on
devient au fil des jours par une blague, un sourire, un baiser tendre.
Lui aussi a perdu le fameux mode
d’emploi, mais il a bizarrement trouvé le votre.
vendredi 17 mai 2013
Ode à mes amis en couple
A A et F et à tous ceux comme eux…
Merci de ne pas en faire des
tonnes,
De ne pas forcément essayer de me
caser avec chaque célibataire qui passe,
De ne pas faire de commentaire
quand une autre de mes histoires capote,
Et de montrer une foi inépuisable
en moi et en ma capacité à trouver le bonheur avec un homme.
Merci de ne pas hésiter à montrer
que vous êtes heureux ensemble,
D’oser affirmer affection, humour
et tendresse,
Sans pour autant passer votre
temps l’un sur l’autre.
Merci ainsi de ne pas me déprimer
à chaque fois que je vous vois,
Et de me permettre surtout de
continuer à croire en l’amour et à la possibilité d’être heureux en couple.
Car si malgré tout ce que je
vois, j’entends, j’expérimente, je continue à croire que c’est faisable, réel
et fantastique d’aimer, c’est bien grâce à vous.
Alors merci et longue vie à vous
et vos couples.
vendredi 1 mars 2013
Bienvenue au Pays des Bisounours
Là-bas, je croyais que c’était un
espace réservé aux bêtes à poils colorés où tout le monde il est beau, tout le
monde il est gentil. Mais apparemment, il semblerait qu’ils m’aient ouvert
leurs portes et que j’y sois installée depuis un petit moment.
Du coup, je fais les
présentations : Grosbisou, Groscopain, Groschéri, Grosdodo, Grosfarceur,
Grostaquin, Grognon, Grosgâteau, Grosjojo, Grosveinard, etc… Ah oui, et puis
aussi, derrière eux : Nathalie, Muriel, Marie, Caroline, Lizie,
… : une tripotée de trentenaires célibataires ou fraîchement en couple qui
n’ont pas franchement conscience d’évoluer dans ce monde parallèle mais qui
répondent pourtant aux abonnées présentes. Comme moi semble-t-il.
Ça m’est tout d’abord apparu
comme une surprise, un choc, voir une blessure quand on m’a dit que
j’appartenais à ce monde. Mais cela dit, quand on y réfléchit bien, ce n’est
pas vraiment une surprise.
Je suis une fille.
J’ai 33 ans.
Je suis plus ou moins célibataire
(oui, il y a des étapes intermédiaires) depuis un long moment. Et ça, c’est
trois éléments qui vous poussent direct dans les bras de Grosfarceur.
Pour ceux qui se poseraient
encore la question de savoir pourquoi (et qui ne sont donc pas des filles de 33
ans plus ou moins célibataire), j’explique :
Ca fait 33 ans qu’on me nourri,
qu’on m’abreuve, qu’on me gave d’histoires à l’eau de rose de manière continue
et plus ou moins visible. J’ai vu Cendrillon et toutes les fables de Disney qui
se terminent toujours en « happily ever after ».
Puis Hartley Cœur à Vif et toutes
ces séries d’ados dans lequel l’amour est toujours tellement fort qu’il pousse
à un nombre d’actes stupides (ça ou les poussées d’hormones, allez savoir).
Puis toutes ces comédies
romantiques où la fille est toujours un peu barrée et fait n’importe quoi avec
sa vie et celle des autres, mais dans lesquelles l’homme fini toujours par
assurer comme une bête, par lui pardonner toutes ses bêtises et par lui dire
exactement ce qu’il faut pour qu’elle tombe sous le charme, et qu’eux aussi ils
finissent en « happily ever after ».
Saupoudrez tout ça de toutes les
amies mariées et heureuses avec leurs 3 gamins depuis 5, 10 ou 15 ans et vous
obtenez un beau bras- dessus bras-dessous avec Groscopain.
Le monde des bisounours, je le
redis, c’est beau, c’est coloré, c’est douillet.
Pendant les soirées pyjamas avec
Groschéri, on y rêve à notre homme idéal qui est souvent : grand, beau,
fort, intelligent, drôle, courageux, tendre, sexy, à l’écoute, imaginatif,
généreux, (citez ici toutes les qualités qui vous viennent à l’esprit)…
Lors des pauses-café avec
Grosbisou, on y extrapole facilement : comment notre homme sera
merveilleux, n’aura pas de défaut, ne fera jamais rien pour nous blesser ou
nous énerver, sera plein de petites attentions, de textos mignons, de cadeaux
touchants et d’un désir à rendre jaloux Grosveinard.
Quand y on fait le marché avec
Grosgâteau, on s’imagine à quoi ressemblera notre petite vie à deux :
Monsieur qui fait des petits plats et se montre toujours présent en cas de coup
dur ou pour aider aux tâches ménagères pendant qu’on mène avec brio notre
carrière de businesswoman (et/ou de maman).
Dans les parcs d’attractions
(beaucoup de parcs d’attractions dans le monde de bisounours), on s’y amuse
avec Grostaquin de voir ces enfants insupportables qui hurlent pour un rien car
on est persuadés qu’avec les nôtres, ça sera différent puisque ça sera NOS
enfants et qu’on les aura élevés dans un monde d’amour, de respect et de
communication.
Pendant la fête des voisins avec
Grosjojo, on peut s’y imaginer notre mariage grandiose et toute la beauté de la
robe de mariée, égalée seulement par la magnificence des vœux prononcé par
notre dévoué mari.
Alors forcément quand on m’a
sorti de là pour me ramener sur le plancher des vaches, on ne peut pas dire que
j’étais des plus heureuse ! Depuis, j’erre dans ce monde de brutes qu’est
la vie de tous les jours, essayant désespérément de m’habituer à la réalité. Je
fais de mon mieux pour avoir des attentes réalistes et qui collent à ma
« vraie » vie, même si celle-ci a souvent tendance à être amère.
Cela étant dit, est-ce que quelqu'un pourrait m'aider avec mon GPS, parce qu'apparemment "Pays des Bisounours", ça ne fait pas partie du menu de base et j'ai du mal à retrouver mon chemin. C'est pas tout ça, mais j'ai rendez-vous avec Grododo. On doit faire des macarons en parlant du premier rendez-vous parfait...
Cela étant dit, est-ce que quelqu'un pourrait m'aider avec mon GPS, parce qu'apparemment "Pays des Bisounours", ça ne fait pas partie du menu de base et j'ai du mal à retrouver mon chemin. C'est pas tout ça, mais j'ai rendez-vous avec Grododo. On doit faire des macarons en parlant du premier rendez-vous parfait...
vendredi 22 février 2013
L'équilibriste
Un article écrit spécialement pour le magazine Paulette et à la une de leur Chronique Blog en février 2013 :
Dans la vie, il est des
frontières qu’il est clair qu’il ne faut pas franchir si on ne veut pas nuire à
sa santé qu’elle soit morale ou physique : « Cette petite ligne de
coke, je vais l’éviter, c’est mieux ».
Et il y a des choses que l’on
peut faire librement, qui apportent de toutes façons plus que le risque
qu’elles vous font courir : « Pour cette place de parking, je vais
faire comme si je n’avais pas vu l’horodateur ».
Par contre, en matière de
relations humaines en général et amoureuses en particulier, la frontière est
très souvent beaucoup plus fine : à quel moment est ce que cet homme
devient plus mauvais que bon pour soi ? Quand passe-t-on de la célibataire
ouverte et pro-active à la dragueuse en série ? A partir d’où se transforme-t-on
en une véritable chieuse (pour dire les choses clairement) ?
Quand je refuse un café au
dixième bad boy qui me le propose : est-ce judicieux d’éviter ce piège ou
est-ce que c’est juste que j’estime être trop bien pour lui ?
Quand je fais une scène à mon mec
à cause de cette fille qu’il a regardé un peu trop longtemps : est ce que
je suis trop suspicieuse ou est ce la force de l’expérience qui me force à
reconnaître des situations que j’ai déjà vécu et que je souhaite (si possible)
éviter ?
Pour résumer : à quel moment
s’arrête notre instinct de conversation (qui a largement été mis à mal par des
années des mecs en bois, et qui s’avère nécessaire voir vital dans de
nombreuses situations) et quand commencent les exigences de princesse ?
D’un côté, les aléas de la vie et
les expériences que l’on fait nous poussent au mieux à apprendre de nos erreurs
et au pire à se protéger à tout prix. Et on en vient souvent à essayer de ne
pas être complètement bête et à chercher à rester en vie, ou au moins en un
seul morceau (règle qui s’applique à notre corps et à notre cœur).
De l’autre côté, quand on passe
cette barrière, il y a rarement un gyrophare qui clignote pour annoncer la
sortie de route. Pas d’alarme bruyante et désagréable pour nous remettre sur le
droit chemin. Zéro odeur de gaz annonçant la catastrophe.
On se rend généralement trop tard
compte qu’on a été trop loin, qu’on a été trop exigeante, trop agressive, trop
dure, trop chiante.
Comme si la vie n’était déjà pas
assez compliquée comme ça, on doit donc faire appel à des qualités
d’équilibriste. On avance pas à pas sur une corde tendue au-dessus d’un
précipice et on oscille d’un côté et de l’autre, sachant pertinemment que ce
que l’on recherche, et ce dont on a vraiment besoin, c’est l’équilibre parfait.
Heureusement, quelques fois le
précipice est en fait d’une hauteur de quelques centimètres seulement et au
moment où l’on se rend compte qu’on a pas de sentiment pour l’autre, on réalise
aussi qu’un seul pas nous ramène à la terre ferme.
D’autres fois on prend plus de
risques, mais on est assuré, rattaché au câble par un harnais parce qu’on a
pris soin d’avancer doucement dans cette relation.
Et puis parfois, c’est la
consécration : on maîtrise tellement notre art que le tutu devient une deuxième
peau, qu’une ombrelle a poussé au bout de notre main et que le cirque Gruss
veut nous embaucher.
Parce qu’on est bien dans ses baskets en tant que
célibataire ou qu’on a trouvé la bonne personne avec qui partager sa vie, on
avance fièrement et simplement sur ce fil sans se poser de question car c’est
devenu naturel, tout simplement.
mardi 15 janvier 2013
Les doubles méfaits des filles en chiffons
J’ai écrit il y a quelques semaines un texte intitulé Les doubles méfaits des mecs en bois.
Devant les remarques de plusieurs de mes amis (masculins) et par souci d’équité
et d’égalité, je m’essaye aujourd’hui à un exercice de style un peu
différent et tente de me mettre à la place de la gente masculine en
modifiant mon texte de base très légèrement.
Prière de me pardonner pour les suppositions et
extrapolations en tout genre … J’essaye de rendre justice mais ne suis pas une
experte ;)
Pour commencer, petite définition : qu’est ce qu’une
fille en chiffons ? Ou plutôt, qu’est ce qu’une fille en soie (douce mais
difficile à entretenir, coûteuse et qui glisse entre les doigts) / en laine
(chaude mais qui irrite) / en dentelle (sexy mais à prendre mais précaution de
peur de la casser) / en polaire (résistante et qui n’a apparemment besoin de
personne) ?
Il n’existe pas de fille en chiffons « type » et
l’expérience pousse à conclure que la princesse de l’un peut en fait être la
fille en chiffons de l’autre. Elle est donc plutôt difficile à décrire de
manière générale la fille en question, mais on peut en revanche facilement donner
des exemples. Et là, je suis sûre qu’un certain nombre de personne se
reconnaîtra :
La fille en chiffons, peut (dans le désordre et sans
préférence) : vous faire tourner en bourrique pensant des heures, des
jours, des semaines voire des mois en vous faisant miroiter ce qu’elle ne pense
en réalité jamais vous accorder ; vous parler de faire des enfants au bout
du deuxième rendez-vous et vous faire rencontrer sa mère (à laquelle elle
ressemble étrangement d’ailleurs) au bout de deux semaines ; vous faire
une crise de jalousie monstre en plein milieu de la rue parce que vous avez eu
le malheur de répondre au texto de votre copine de fac ; vous harceler de
dizaines de messages par jour pour vous demander si vous l’aimez …
Je continue la liste ? Non ? Pas la peine ?
Il me semblait bien que vous alliez comprendre le concept assez rapidement.
En plus du grotesque de la situation (si on veut prendre
les choses avec dérision), il faut souvent constater qu’avant d’en venir à ces
extrêmes (en eux-mêmes déjà condamnables), la fille en chiffons en a auparavant
fait en sorte que vous vous attachiez un peu. Elle a en général sorti le grand
jeu pour vous séduire, a été charmante et particulièrement attirante au
début ; vous a fait sentir le plus beau, le plus fort ; vous a fait
croire à la possibilité d’être bien en couple …
Bref, elle vous a fait sortir de son bel emballage (ou de
sa carapace) votre cœur et vous a même peut-être donné envie de lui confier. Et
parce que vous aviez envie d’y croire, vous l’avez fait.
Mais la fille en chiffons n’a que faire de votre cœur. Par
ses actes, elle le laisse tomber par terre. Et il gît alors à ses pieds, sans
qu’elle se soucie de le voir traîner là, rarement intact.
Très souvent même, parce que vous êtes abasourdi par la
surprise ou la tristesse, vous ne le ramassez pas assez vite ce cœur (pourtant
fragile) et la fille en chiffons en profite pour piétiner les quelques morceaux
encore viables avec ses beaux talons aiguilles.
Une fois le choc passé, vous ramassez les morceaux et
rentrez chez vous. (…)
La douleur passe mais une constante se dessine : vous
remballez votre cœur dans son emballage d’origine et le rangez là d’où vous
pensez qu’il n’aurait jamais du sortir : du plus profond de vous-même.
Et puis le temps passe et vous essayez de ne plus penser
aux chiffons, à la soie, à la laine, à la dentelle, à la polaire. Vous essayez
même de les éviter soigneusement, ces déclinaisons de tissus. Vous devenez
expert et fuyez tout ce qui peut causer des réactions allergique à votre peau
sensible. Vous tentez de trouver des femmes, des vraies : en chair, en os,
en honnêteté, en simplicité, en
maturité.
Et puis, quelques fois, vous en trouvez. Ou plutôt vous en
trouvez une (une c’est déjà pas mal par les temps qui court). Une qui a l’air
bien, vraiment bien. Elle est gentille, attentionnée. Elle dit simplement ce
qu’elle veut et ne se comporte pas en princesse.
Mais la fille en chiffons rode toujours.
Elle n’est pas là. Elle n’est plus là. Par contre ses
actes, eux, sont toujours présents. Un passé de rencontres de chiffons, de
soie, de laine, de dentelle, de polaire, ça ne s’efface pas comme ça.
Au-delà de briser les cœurs, les filles en chiffons créent
des hommes peureux, qui hésitent à prendre les devants de peur de se faire
rabrouer à la première invitation à dîner.
Elles créent des hommes rustres, peu prêts à faire
(encore) des efforts de galanterie à force de voir le peu de cas que l’on fait
de leurs actions.
Elles créent des hommes trop précautionneux, trop habitués
à prendre des pincettes pour parler à des princesses mal lunées.
Elles créent des hommes peu enclins à se livrer vraiment
car ils ont trop souvent confié leurs sentiments à des femmes qui n’en avaient
que faire.
La fille en chiffons rend la vie de tout le monde plus
compliquée : celle de la femme bien qui a parfois du mal à comprendre le
fonctionnement de ces hommes échaudés et blasés et celle des hommes qui doivent
réapprendre à faire confiance et doivent considérer la possibilité de sortir à
nouveau leur cœur de leur étagère intérieure fermée à double tour…
…Voilà, finalement, il faut peu de choses pour changer de
point de vue et il est facile de réaliser que qu’on soit une homme ou une
femme, quand on cherche l’âme
sœur, on s’arrête rarement à la première étape des échecs en amour et on
explore en général l’intégralité de la gamme (qu’elle soit en bois ou en
chiffons), juste pour être sûr.
Ni les hommes ni les femmes n’ont l’apanage du brisage de
cœur et du comportement à deux balles. Au moins, nous sommes tous égaux devant
ça !
lundi 7 janvier 2013
Un petit cadeau pour la nouvelle année
Juste pour le plaisir et parce que j'ai trouvé ce texte magnifique :
Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi - Katherine Pancol
(...)
Puis Gary se pencha sur Hortense et la contempla sans rien dire. Ses yeux bruns semblaient habités par un rêve primitif, ombrés d'une lueur sauvage. Ce serait si plaisant de vivre cachés sous des manteaux, à l'abri, on mangerait des cookies et on boirait des cafés avec une longue paille, on ne serait plus jamais obligés de se mettre debout et de courir partout comme le lapin d'Alice au pays des merveilles. Jamais pu l'encadrer ce Rabbit à la montre en perpétuelle érection. Je voudrais passer ma vie à écouter Glenn Goud en embrassant Hortense Cortès, en caressant les cheveux d'Hortense Cortès, en respirant chaque fleur de la peau d'Hortense Cortès, en inventant pour elle des accords, mi-fa-sol-la-si-do et en les lui chantant dans l'ourlet de l'oreille.
Je voudrais, je voudrais...
Il ferma les yeux et embrassa Hortense Cortès.
C'est donc cela un baiser ! s'étonna Hortense Cortès. Cette brûlure suave qui donne envie de se jeter sur l'autre, de l'aspirer, de le lécher, de le renverser, de s'enfoncer en lui, de disparaître...
De se dissoudre dans un lac profond, de laisser flotter sa bouche, ses lèvres, ses cheveux, sa nuque...
Perdre la mémoire.
Devenir boule de caramel, se laisser gouter du bout de la langue.
Et goûter l'autre en inventant le sel et les épices, l'ambre et le cumin, le cuir et le santal.
C'est donc cela.
Jusqu'à maintenant, elle n'avait embrassé que des garçons qui l'indifféraient. Elle embrassait utile, elle embrassait mondain, elle embrassait en repoussant une boucle de cheveux élastique et en regardant par-dessus l'épaule de son prochain. Elle embrassait en toute lucidité, s'indignant d'une meurtrissure des dents, d'une langue cannibale, d'une salive baveuse. Il lui était arrivé aussi d'embrasser par désoeuvrement, par jeu, parce qu'il pleuvait dehors ou que les fenêtres avaient des petits carreaux qu'elle n'avait pas fini de compter. Ou, souvenir qui l'embarrassait, pour obtenir d'une homme un sac Prada ou un petit haut Chloé. (...)
Elle revint à la bouche de Gary et soupira.
Ainsi il arrive qu'un baiser procure du plaisir...
Un plaisir qui se faufile dans le corps, jette des petites flammes, allume mille frissons dans des endroits qu'elle n'aurait jamais soupçonnés être inflammables.
Jusque sous les dents...
Le plaisir... Quel délice !
Aussitôt, elle nota qu'elle fallait se méfier du plaisir.
Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi - Katherine Pancol
(...)
Puis Gary se pencha sur Hortense et la contempla sans rien dire. Ses yeux bruns semblaient habités par un rêve primitif, ombrés d'une lueur sauvage. Ce serait si plaisant de vivre cachés sous des manteaux, à l'abri, on mangerait des cookies et on boirait des cafés avec une longue paille, on ne serait plus jamais obligés de se mettre debout et de courir partout comme le lapin d'Alice au pays des merveilles. Jamais pu l'encadrer ce Rabbit à la montre en perpétuelle érection. Je voudrais passer ma vie à écouter Glenn Goud en embrassant Hortense Cortès, en caressant les cheveux d'Hortense Cortès, en respirant chaque fleur de la peau d'Hortense Cortès, en inventant pour elle des accords, mi-fa-sol-la-si-do et en les lui chantant dans l'ourlet de l'oreille.
Je voudrais, je voudrais...
Il ferma les yeux et embrassa Hortense Cortès.
C'est donc cela un baiser ! s'étonna Hortense Cortès. Cette brûlure suave qui donne envie de se jeter sur l'autre, de l'aspirer, de le lécher, de le renverser, de s'enfoncer en lui, de disparaître...
De se dissoudre dans un lac profond, de laisser flotter sa bouche, ses lèvres, ses cheveux, sa nuque...
Perdre la mémoire.
Devenir boule de caramel, se laisser gouter du bout de la langue.
Et goûter l'autre en inventant le sel et les épices, l'ambre et le cumin, le cuir et le santal.
C'est donc cela.
Jusqu'à maintenant, elle n'avait embrassé que des garçons qui l'indifféraient. Elle embrassait utile, elle embrassait mondain, elle embrassait en repoussant une boucle de cheveux élastique et en regardant par-dessus l'épaule de son prochain. Elle embrassait en toute lucidité, s'indignant d'une meurtrissure des dents, d'une langue cannibale, d'une salive baveuse. Il lui était arrivé aussi d'embrasser par désoeuvrement, par jeu, parce qu'il pleuvait dehors ou que les fenêtres avaient des petits carreaux qu'elle n'avait pas fini de compter. Ou, souvenir qui l'embarrassait, pour obtenir d'une homme un sac Prada ou un petit haut Chloé. (...)
Elle revint à la bouche de Gary et soupira.
Ainsi il arrive qu'un baiser procure du plaisir...
Un plaisir qui se faufile dans le corps, jette des petites flammes, allume mille frissons dans des endroits qu'elle n'aurait jamais soupçonnés être inflammables.
Jusque sous les dents...
Le plaisir... Quel délice !
Aussitôt, elle nota qu'elle fallait se méfier du plaisir.
mardi 11 décembre 2012
Les doubles méfaits des mecs en bois
Pour commencer, petite définition : qu’est ce qu’un
mec en bois ? Ou plutôt, qu’est ce qu’un mec en bois / en carton / en
papier mâché / en papier cigarette / en confetti ? (parce que vous, je ne
sais pas, mais moi, ces dernières années, je ne me suis pas arrêtée au bois).
Il n’existe pas de mec en bois « type » et
l’expérience me porte à conclure que le prince charmant de l’une peut en fait
être le mec en bois de l’autre. Il est donc plutôt difficile à décrire de
manière générale le mec en question, mais on peut en revanche facilement donner
des exemples. Et là, je suis sûre qu’un certain nombre de personne se
reconnaîtra :
Le mec en bois, peut (dans le désordre et sans
préférence) : vous larguer par texto, ou par email (entre les deux, mon
cœur balance), vous faire croire qu’il est partant pour une relation un tant
soit peu fixe alors qu’il n’est clairement là que pour vos fesses, vous
tromper, faire le mort pendant des jours et penser que le fait de ne pas
répondre aux messages fait de lui l’homme invisible, …
Je continue la liste ? Non ? Pas la peine ?
Il me semblait bien que vous alliez comprendre le concept assez rapidement.
En plus du grotesque de la situation (si on veut prendre
les choses avec dérision), il faut souvent constater qu’avant d’en venir à ces
extrêmes en eux-mêmes déjà condamnables, le mec en carton a auparavant fait
en sorte que vous vous attachiez un peu. Il a en général sorti le grand jeu
pour vous séduire, a été attentif au début, vous a fait sentir la plus belle,
vous a fait croire en un futur meilleur, …
Bref, il vous a fait sortir de son bel emballage (ou de sa
carapace) votre cœur et vous a même peut-être donné envie de lui confier. Et
parce que vous aviez envie d’y croire, vous l’avez fait.
Mais le mec en bois n’a que faire de votre cœur. Par ses
actes, il le laisse tomber par terre. Et il gît alors à ses pieds, sans qu’il
se soucie de le voir traîner là, rarement intact.
Très souvent même, parce que vous êtes abasourdie par la
surprise ou la tristesse, vous ne le ramassez pas assez vite ce cœur (pourtant
fragile) et le mec en bois en profite pour piétiner les quelques morceaux
encore viables.
Une fois le choc passé, on ramasse les morceaux et on
rentre chez soi. On passe quelques semaines ou quelques mois à tenter tant bien
que mal de recoller les restes. On joue au puzzle (des mots doux de ses amis),
on applique de la colle (on se remonte le moral en tentant de croire qu’on vaux
mieux que ça), on applique un baume (on sort et on pense à autre chose), …
La douleur passe mais par contre, une constante se
dessine : on remballe son cœur dans son emballage d’origine et on le range
là d’où on pense qu’il n’aurait jamais du sortir : du plus profond de soi.
Et puis le temps passe et on essaye de ne plus penser au
bois, au carton, au papier. On essaye même de les éviter soigneusement, ces
dérivés de nos forêts. On devient experte et on fuit tout ce qui sent le sapin.
On tente de trouver des hommes, des vrais : en chair, en os. En honnêteté,
en sensibilité, en courage.
Et puis, quelques fois, on les trouve. Ou plutôt on en
trouve un (un c’est déjà pas mal par les temps qui court). Un qui a l’air bien,
vraiment bien. Il est gentil, attentionné. Il dit ce qu’il fait et fait ce
qu’il dit.
Mais le mec en carton rode toujours.
Il n’est pas là. Il n’est plus là. Par contre ses actes,
eux, sont toujours présents. Un passé de rencontres de bois, de carton, de
papier, ça ne s’efface pas comme ça.
Au-delà de briser les cœurs, les mecs en cartons créent
des femmes buvard, qui décryptent et craignent chaque geste, chaque parole.
Ils créent des femmes jalouses, qui ont peur d’être
trompée (encore).
Ils créent des femmes sur la défensive qui peuvent
s’emporter pour un rien car elles ont peur que l’histoire se reproduise.
Ils créent des femmes incrédules qui ont du mal à croire
que l’homme bien est réel et que ces actes sont sincères (et qui ont donc tendance à rester la bouche ouverte après un compliment ou après ce qui ressemblerait de près ou de loin à un projet d'avenir).
Le mec en bois rend la vie de tout le monde plus compliquée :
celle de l’homme bien qui a parfois du mal à comprendre le fonctionnement de
ces femmes blessées et celle des femmes qui doivent réapprendre à faire
confiance et doivent considérer la possibilité de sortir à nouveau leur cœur de
leur étagère intérieure fermée à double tour.
Cela dit, comme le dirait si justement Albert Camus : "Il n'y a pas de honte à préférer le bonheur" et j'ai tendance à penser que cette maxime est un excellent objectif de vie. Alors je le clame haut et fort, et si vous êtes comme moi, vous le ferez aussi : le bois/carton/papier ne passera pas/plus par moi.
Cela dit, comme le dirait si justement Albert Camus : "Il n'y a pas de honte à préférer le bonheur" et j'ai tendance à penser que cette maxime est un excellent objectif de vie. Alors je le clame haut et fort, et si vous êtes comme moi, vous le ferez aussi : le bois/carton/papier ne passera pas/plus par moi.
Inscription à :
Articles (Atom)